Mission monarque: la science derrière la science citoyenne

admin: mercredi, 8 juin, 2016

Par Maxim Larrivée


 
La population migratoire du papillon monarque a diminué dramatiquement au cours des 20 dernières années. Elle a atteint sa plus petite taille dans les sites d’hivernage au Mexique au cours de l’hiver 2014. On estime qu’entre 10 et 15% de la population migratoire se reproduit au Canada chaque été. Jusqu’à présent, les efforts de conservation du monarque au Canada ont principalement résidé dans la préservation des aires d’attroupement le long des grands lacs durant la migration automnale. Il n’existe aucune connaissance scientifique détaillée portant sur les aires de reproduction du monarque au Canada afin de mettre en place un plan de conservation national qui permettrait d’optimiser le succès reproducteur du monarque au Canada.

Lors de la première rencontre du groupe d’experts canadiens sur le monarque, il fut déterminé que le Canada devrait avoir comme but de maximiser le succès reproducteur du monarque au Canada dans ses efforts de conservation internationaux avec le Mexique et les États-Unis. Ce but mena ainsi les experts à se poser la question suivante : est-ce que la quantité d’asclépiade est un facteur limitant le succès reproducteur du monarque au Canada? Cependant, aucune donnée n’est présentement disponible pour répondre à cette question. L’équipe de chercheurs derrière le projet Mission monarque décida alors de mettre en place une approche en 3 étapes pour recueillir l’information nécessaire afin d’atteindre cet objectif.

  1. La première étape consiste à mettre en commun toute l’information existante sur les répartitions de l’asclépiade et celle du monarque au Canada afin de déterminer les aires de reproduction actuelles et potentielles du monarque à l’aide de modèles bioclimatiques de répartition de l’asclépiade et du monarque.
  2. La deuxième étape est d’identifier des zones de forte reproduction en combinant les résultats de la première étape avec les données d’estimation de la densité de monarque récoltées par les participants d’iPapillon ainsi que par les analyses nationales d’utilisation du paysage.
  3. Finalement, la dernière étape servant à valider et raffiner les deux premières est de faire des inventaires sur le terrain, via le projet de science citoyenne Mission monarque, afin d’identifier les zones de forte reproduction du monarque.

Le monarque se reproduit sur un vaste territoire à travers une grande partie du Canada. Un territoire si vaste qu’il serait impossible à une seule équipe de chercheurs de récolter l’ensemble des données nécessaires pour rapidement évaluer si la disponibilité de l’asclépiade est un facteur limitant. Les chercheurs du projet Mission monarque font appel à la tous les citoyens canadiens afin de les aider à valider et raffiner leur recherche visant à identifier les zones de forte reproduction du monarque afin d’aider concrètement à conserver le phénomène migratoire du monarque.