Les monarques sont là!

Ils sont de retour! Le 2 mai dernier, la première observation canadienne de monarque pour 2018 a été faite. Le papillon a été vu au parc national de la Pointe-Pelée, au sud de l’Ontario. Comment se compare cette observation à celles des années précédentes? Voyons ce que disent les archives…

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonnateur de Mission monarque

Monarque butinant sur une verge d’or (Solidago sp.). Photo: André Sarrazin

Au printemps, certaines personnes semblent prises de fièvre et adoptent des comportements étranges. On les voit déambuler dans les éclaircies, équipées de jumelles et de gros appareils photos, regardant tout autour comme si elles se sentaient surveillées. Ce sont les symptômes de la fièvre du monarque!

En effet, nombreux sont ceux qui attendent impatiemment le retour des monarques. Les papillons que nous avons vus partir à l’automne ont passé l’hiver au Mexique, dans les forêts de sapins oyamel. En mars, ils ont quitté ces sites d’hivernage pour entreprendre la migration vers le nord. Toutefois, les monarques qui arrivent au printemps au Canada ne sont pas ceux qui ont passé l’hiver au Mexique, mais leurs descendants nés aux États-Unis.

A marsh at Point Pelee.
Un marais dans le parc national de Pointe-Pelée.

Au Canada, les premières observations de monarques se font généralement Ontario. Dans l’Atlas des papillons de l’Ontario, qui contient plusieurs milliers d’observations de monarques, le tiers des premières mentions de cette espèce a été faite dans le parc national de Pointe-Pelée. Cela s’explique d’abord par le fait que ce parc est le point le plus au sud de cette province –et du Canada. Ensuite, puisque Pointe-Pelée s’avance dans le lac Érié, cela en fait l’endroit le plus étroit où traverser ce Grand Lac.

L’Atlas des papillons de l’Ontario comprend une cinquantaine années d’observations de monarques. En moyenne, les premières observations canadiennes se font le 13 mai, avec un écart-type de 20 jours. En voir un le 2 mai, comme cette année, est donc un peu tôt, mais pas extraordinaire. En effet, 11 des 48 premières observations répertoriées dans l’Atlas ont été faites en avril!

Et au Québec?

Au Québec, les monarques arrivent environ un mois plus tard. Selon les observations soumises à iPapillon, les premiers monarques sont vus autour du 13 juin. Qu’en sera-t-il cette année? Nous le saurons bientôt! Ouvrons l’œil…

Il est important de faire le suivi des espèces migratrices, surtout celles qui sont préoccupantes comme le monarque, pour anticiper les défis qu’elles pourraient rencontrer. Les changements climatiques, par exemple, peuvent décaler les migrations et accélérer la croissance des végétaux, causant un déphasage entre les migrants et leurs ressources alimentaires.

Toutes ces informations, d’une valeur inestimable, on les connait grâce à des milliers de passionnés comme vous qui partagent leurs observations sur des plateformes de science citoyenne comme Mission monarque. La fièvre du monarque, finalement, c’est une bonne chose!

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