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Baisse de 15% de la population du monarque

 

Selon la dernière évaluation, la population du monarque de l’Est a diminué de près de 15% par rapport à l’année dernière. Ce constat préoccupant montre qu’il reste encore du travail à faire pour comprendre et protéger le monarque migrateur, qui est en voie de disparition.

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonateur de Mission monarque

Depuis un pic historique en 1997, la population de monarque de l’Est a diminué de 80%. Cette tendance, particulièrement observée sur les sites d’hivernage au Mexique, a alarmé les groupes environnementaux et les gouvernements des pays d’Amérique du Nord. Au Canada, le papillon a été désigné «espèce préoccupante» en 1997, puis «espèce en voie de disparition» en 2016. L’hiver 2013-2014 a été l’année la plus basse en terme de superficie, les monarques couvrant seulement 0,67 hectare. Cette année, les papillons ont occupé 2,48 ha, ce qui constitue la plus petite superficie en trois ans.

L’asclépiade commune, dont la chenille du monarque se nourrit, a largement décliné dans le Midwest américain.

Quel est le problème?

Les chiffres publiés aujourd’hui sont préoccupants. L’été dernier, les monarques étaient relativement abondants; on s’attendait donc à voir cette abondance se refléter sur la taille des populations au Mexique. Ceci laisse croire que le problème soit pendant la migration. Est-ce que la migration tardive de plusieurs monarques leur aurait nuit à ce point? Est-ce la conséquence d’événements météorologiques extrêmes sur le trajet? Il est trop tôt pour l’affirmer.

De façon générale, le déclin du monarque est attribué à plusieurs causes : pesticides, déclin de sa plante hôte l’asclépiade, coupes forestières, changements climatiques… Comme le papillon voyage sur de grandes distances en traversant des paysages très variés, il rencontre des obstacles de natures différentes. Cela représente un vrai casse-tête pour les chercheurs et les décideurs, qui doivent placer toutes les pièces ensemble pour arriver à mettre en place un plan de conservation efficace.

Une chose est sûre, c’est que les populations de monarque migrateur sont en déclin et que l’avenir de la migration du monarque n’est pas garanti. Des chercheurs ont récemment calculé que le risque de quasi-extinction de la population de l’Est s’élève à près de 60% sur un horizon de 20 ans, selon le pire des scénarios. Pour éviter cette situation, on vise une superficie de 6 ha dans les sites d’hivernage mexicains, soit plus du double de cette année.

Encore du travail

Ces chiffres montrent qu’il reste du travail pour comprendre et protéger le monarque. Pour y arriver, il faut continuer à faire des recherches et à protéger les habitats du monarque. C’est en affinant notre compréhension de la biologie du monarque et des facteurs qui influencent sa survie qu’il sera possible de lui conférer une protection efficace.


Réunion au sommet pour le monarque

Les participants à l’Atelier sur la recherche et la surveillance du monarque. Photo: Marie-Claude Rouillard (CCE)

Du 6 au 8 février se tenait à Montréal l’Atelier sur la recherche et la surveillance du monarque. Des experts de la conservation de ce papillon en provenance du Canada, du Mexique et des États-Unis étaient réunis pour constater l’état des connaissances et définir les priorités pour les recherches subséquentes. Voici un résumé de cette rencontre trinationale très chargée!

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonateur de Mission monarque


Sauver le monarque; oui, mais comment? Pour freiner le déclin des populations et préserver le phénomène de sa migration, il faut comprendre les défis auxquels le monarque est confronté le long de son corridor migratoire. Or, même s’il s’agit d’un des insectes les plus étudiés au monde, de nombreuses questions demeurent. Voici des exemples de question que les experts réunis la semaine dernière se sont posé pendant l’atelier organisé par la Commission de coopération environnementale.

Fleurs d’asclépiade commune, l’une des plantes butinées par le monarque adulte.

 

Partager les données

Mission monarque est le seul projet de science citoyenne dédié au monarque au Canada, mais les États-Unis et le Mexique en comptent plusieurs. Les chercheurs des trois pays se sont donc entendus sur l’importance de rendre leurs bases de données compatibles et de mettre en commun toutes les informations récoltées à ce jour.

 

Documenter les ressources en nectar

La chenille du monarque ne mange que de l’asclépiade, mais l’adulte butine plusieurs espèces de plantes nectarifères. Est-ce que le nectar, seule source d’énergie du papillon, est disponible en quantités suffisantes aux moments cruciaux de la vie de l’insecte, tels que la ponte et la migration? Est-ce que le monarque est en compétition avec d’autres insectes pour ce liquide sucré? Pour répondre à ces questions, il faudra d’abord déterminer quelles sont les plantes butinées par le monarque, puis, une fois identifiées, en connaître la répartition et l’abondance. Finalement, il faudra prédire, à l’aide de modèles statistiques, comment le moment et la durée de leur floraison évoluera avec les changements climatiques. Avec ces informations, il sera possible d’identifier les régions et les moments où le nectar pourrait manquer et aménager les habitats en conséquence.

 

La chenille se nourrit de l’asclépiade sur laquelle son œuf a été pondu.

Connaître ses origines

Où naissent les monarques? À ce jour, l’étiquetage a été la méthode la plus utilisée pour répondre à cette question. Malheureusement, des papillons étiquetés, à peine plus de 1% est retrouvé et, ainsi, procure de précieuses informations sur leurs origines. Une approche alternative consiste à étudier la signature isotopique. Les molécules qui composent les ailes des monarques proviennent de l’asclépiade mangée par la chenille sur les sites de reproduction. Certaines de ces molécules portent une «signature», c’est-à-dire qu’elles sont spécifiques à l’endroit d’où elles viennent. Cette méthode est donc très avantageuse, puisqu’elle révèle l’origine de n’importe quel monarque, pas seulement ceux qui ont été marqués au préalable. Connaitre les endroits où le papillon se reproduit est primordial pour la protection de l’espèce.

 

Les chercheurs ont du pain sur la planche! D’ici le prochain atelier trinational sur la conservation du monarque, prévu dans un an, ces questions et d’autres encore les tiendront occupés. De son côté, l’équipe de Mission monarque se prépare pour un autre été rempli de missions en votre compagnie! Vos observations contribueront directement à répondre aux questions posées pendant l’atelier.


2018 : L’équipe de Mission monarque prend des résolutions!

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonateur du projet Mission monarque


L’année 2017 a été bien remplie, et nous prévoyons que 2018 le soit tout autant! Le sondage remis aux participants de Mission monarque en 2017 nous a permis d’identifier vos besoins. Voici donc les résolutions de l’équipe pour l’année qui commence.

 

Nous voulons vous revoir en 2018

Si vous avez fait des missions en 2016 ou en 2017, nous aimerions vous revoir en 2018! Vous pouvez retourner à l’endroit d’une mission passée, ou encore vous aventurer dans un nouveau site! Toutes vos observations sont importantes.

 

Photo: Daphné Laurier Montpetit

Faire de vous des chefs de mission

Les chefs de mission sont des personnes motivées qui recrutent des participants et organisent des missions. En 2017, vous avez été près de 200 à suivre la formation. Connaissant votre enthousiasme, nous sommes persuadés que nous pouvons atteindre 500 cette année! Contactez-nous si vous désirez en savoir davantage.

 
 
 
 
 
 

Mobiliser des passionnés de partout en Amérique du Nord!

Vos missions!

La plupart de nos participants proviennent du Québec ou de l’Ontario. Cette année, nous souhaitons bien sûr continuer à avoir des données pour ces deux provinces, mais nous visons un plus grand nombre d’observations dans les autres provinces où le monarque se reproduit, de même qu’aux États-Unis et au Mexique. Nous savons qu’il y a là aussi des passionnés du monarque!

 
 
 

Photo: Daphné Laurier Montpetit

Mobiliser l’énergie des jeunes!

Nous travaillons sur un format de mission adapté aux jeunes des écoles primaires et des camps de jour. L’activité devrait être prête au printemps, juste à temps pour l’arrivée des monarques!

 
 
 
 
 
 

Améliorer notre site web

Le site web de Mission monarque fait peau neuve! Plus simple d’utilisation, il sera en ligne au cours de l’hiver.

 

Au plaisir de vous retrouver cet été pour de nouvelles missions!

L’équipe de Mission monarque


C’est le temps d’en profiter!

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Avec le temps des fêtes qui approche, nous ne pouvons que lever nos verres aux participants de Mission monarque! Pour cette deuxième année d’existence, le projet a dépassé les attentes.
Chers scientifiques citoyens, à la vôtre!

Résumé de la participation

Vous avez été nombreux à vous mobiliser pour le monarque. Cette année seulement, vous avez mené plus de 1000 missions, sur 423 sites différents. Au total, 31 519 asclépiades ont été scrutées, à la recherche de monarques. Ces chiffres représentent plus du double (et parfois le triple) des résultats de l’année dernière.

Et les monarques étaient au rendez-vous! Nous comptons présentement 882 mentions de chenilles et 2443 mentions d’adultes. Bien que quelques identifications restent à être confirmées, nous pouvons affirmer avec confiance que l’été fut riche en monarques! Espérons que cette tendance observée se confirme lors du décompte annuel officiel, à venir au début de l’année 2018.

Chefs de mission

Une autre bonne nouvelle renforce notre fierté, au terme de cette année riche en papillons. Au mois de juillet, nous avons lancé, pour la première fois, une tournée de formation de Chefs de mission, en Ontario. Plus de 100 participants ont ainsi suivi un atelier de deux heures, afin d’apprendre à organiser des missions de groupe, dans leur région.

La tournée fut un succès, et sera certainement de retour, l’an prochain. Si vous êtes intéressés à suivre cette formation gratuite, écrivez-nous à missionmonarque@gmail.com.

Nous avons donc beaucoup à célébrer en cette fin d’année, avant de nous relancer dans une nouvelle saison, et c’est grâce à vous!
Nous souhaitons, à tous nos participants, un merveilleux temps des fêtes et une formidable nouvelle année. Nous avons hâte de vous retrouver en 2018, pour une nouvelle année, remplie d’asclépiade!

Joyeuses fêtes!

L’équipe de Mission monarque

Photo: André Sarrazin


Que font les monarques en hiver?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonnatrice du projet Mission monarque


Nous les voyons partir – avec un peu de tristesse – à l’automne. Nous savons qu’ils migrent sur des milliers de kilomètres, et que leurs descendants seront de retour, avec l’arrivée des journées chaudes. Mais que se passe-t-il donc, entre l’automne et le printemps? Que font les monarques en hiver?
 

Destination sud

C’est dans les montagnes du centre du Mexique, dans l’état du Michoacán, que les monarques passent l’hiver. Là, des forêts de sapins oyamels les accueillent, année après année. Si le Mexique nous rappelle le soleil, la plage et la chaleur, c’est un tout autre environnement que trouvent là les monarques!

Les monarques ne supportent pas les températures glaciales du nord des États-Unis et du Canada; ils migrent donc vers le sud pour éviter le gel. Pourtant, ce ne sont pas des températures chaudes qu’ils recherchent, mais plutôt des conditions fraîches.

L’objectif de la migration est de trouver le climat parfait : assez chaud pour éviter le gel, mais assez froid pour permettre aux papillons de vivre jusqu’au printemps. Ainsi, les températures hivernales, dans les aires d’hivernage du monarque, varient généralement entre 1 et 6°C.
 

Une longue pause… la diapause!

Sous des températures plus chaudes, les monarques gardent leur rythme métabolique normal. Par exemple, pendant l’été, les monarques vivent à l’étape adulte environ un mois. Comment, alors, survivent-ils plus de 7 mois d’hiver, afin de se reproduire au printemps?

Les monarques de cette génération comptent sur quelques trucs biologiques pour vivre aussi longtemps. Un de ces trucs est la diapause, une période pendant laquelle le développement cesse chez le papillon. C’est une sorte de dormance pendant laquelle il économise son énergie, étirant ainsi sa durée de vie.
Les conditions fraîches des sites d’hivernage permettent cet important ralentissement de métabolisme. De plus, le froid permettrait aux papillons de recalibrer leur boussole interne en préparation de la migration printanière, vers le nord.
 

Un équilibre fragile

Cet environnement parfait où les monarques passent la saison froide est malheureusement très délicat, et de nombreux facteurs troublent son équilibre. La coupe d’arbres, sur ou à proximité des sites d’hivernage, peut laisser passage à des courants d’air qui brisent l’isolation de l’habitat.

Les changements climatiques inquiètent aussi les chercheurs. Des températures plus chaudes pourraient affecter la diapause ainsi que le système d’orientation des papillons. Des températures froides, causées par des dérèglements climatiques, sont tout aussi inquiétantes. Pensons à la tempête qui a frappé le Michoacán, au printemps 2016, causant la mort de millions de monarques.

Malgré tout, les papillons voyageurs sont de retour, cette année encore, sur les sites qu’on visités leurs ancêtres. Ils sont prêts pour un autre hiver.
Dans l’équipe de Mission monarque, on a déjà hâte de les retrouver. Et vous?
 

Photo: Anita Ritenour


Comment les monarques trouvent-ils leur chemin?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Les monarques d’Amérique du Nord sont reconnus pour leur spectaculaire migration annuelle, du Canada au Mexique. Chaque automne, les papillons entreprennent une route de 4000 km vers les forêts de sapins oyamels, au centre du Mexique, où ils passent l’hiver. Une fois le printemps arrivé, les voilà repartis pour une migration nordique qui, elle, s’étalera sur plusieurs générations.

Si la distance parcourue par les monarques est impressionnante, leur capacité de trouver leur chemin ne l’est pas moins! Comment les monarques parviennent-ils à naviguer jusqu’à destination, année après année?

Une boussole interne sophistiquée

Tous les monarques n’ont pas « l’appel du Sud ». Lors d’expériences dans un simulateur de vol, seuls les papillons dits « d’automne » ont démontré une direction claire, dans leur vol. Instinctivement, ils se dirigent vers le sud-ouest.

Les monarques migrateurs se fient au soleil pour connaître la direction à suivre. Cependant, puisque sa position change au cours de la journée, la simple observation du soleil ne suffit pas. Imaginez le zig-zag que ferait un papillon en suivant simplement le soleil, d’est en ouest!

Pour résoudre ce problème, les monarques migrateurs comptent sur une horloge biologique. Située dans les antennes, elle leur indique le moment de la journée. Grâce à cette information, les papillons peuvent ajuster leur position par rapport au soleil, afin de maintenir le cap vers le sud-ouest. Ainsi, en matinée, ils maintiennent le soleil à leur gauche et en après-midi, à leur droite.

Ce sont donc ces deux informations combinées – la position du soleil et le moment de la journée – qui constituent la boussole interne permettant aux monarques de naviguer vers le Mexique.

Et par jours nuageux?

Il arrive que des nuages cachent le soleil, privant les monarques de leur indice visuel. Heureusement, les papillons ont plus d’un tour dans leur sac!
En plus de l’horloge biologique, les indispensables antennes du papillon renferment une « boussole magnétique ». Cet outil indique aux monarques où ils se situent par rapport à l’équateur. Ils peuvent donc retrouver leur chemin vers le sud en se fiant aux lignes du champ magnétique terrestre. Impressionnant, non?

Cap au nord!

Au printemps, tout bascule! Les monarques ayant passé l’hiver au Mexique repartent en migration, mais cette fois, dans la direction opposée. Le même mécanisme entre en jeu, mais avec un changement important : la boussole interne a été recalibrée, au cours de l’hiver, pour indiquer le nord. On croit que l’exposition au froid déclenche ce recalibrage.

Plusieurs mystères entourent toujours les méthodes de navigation des monarques et chaque saison dévoile de nouvelles réponses. Chose certaine, ces grands voyageurs ne cesseront jamais de nous étonner!


Le monarque et la belle-dame: savez-vous les différencier?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


On l’appelle la belle-dame (Vanessa cardui), et c’est l’espèce de papillon la plus répandue au monde. Au Canada, elle semble suivre un cycle: rare certaines années, elle revient en nombre d’autres étés. Cette année, les observations de cette espèce foisonnent. Avec ses ailes orangées, elle peut rappeler le monarque et tromper l’œil de plusieurs observateurs.
Savez-vous la différencier du monarque?

Des ressemblances…

Comme le monarque, la belle-dame appartient à la famille des nymphalidés. Il s’agit aussi d’une espèce migratrice qui, après avoir volé au Canada d’avril à octobre, migre vers le sud des États-Unis ou au Mexique pour l’hiver. On peut observer deux ou trois générations au cours de l’été.

… et des différences!

Si ses couleurs peuvent rappeler celles du monarque, les patrons affichés sur ses ailes sont bien différents. La belle-dame ne présente pas de nervures noires, comme celles du monarque, mais plutôt des taches brunes. Sur le revers de ses ailes postérieures, visible lorsque le papillon a les ailes fermées, on distingue quatre ocelles – taches rondes rappelant des yeux.

D’une envergure d’environ 6 cm, la belle-dame est aussi plus petite que le monarque, qui, peut atteindre jusqu’à 10 cm d’envergure. Le vol de la belle-dame est rapide et erratique, contrairement au flottement lent du monarque.

Vous avez vu des belles-dames?

À première vue, on peut facilement confondre les deux papillons orangés. Pour vous assurer de rapporter la bonne espèce de papillon, prenez des photos de vos trouvailles. Les clichés sont d’une grande aide pour confirmer les identifications. Fiez-vous aux fiches d’identification du monarque et à la fiche “À ne pas confondre” pour valider vos observations.

Pensez à rapporter vos observations de monarques sur le site de Mission monarque. Et s’il s’agit de belles-dames? Contribuez à la recherche sur les papillons, en rapportant vos observations sur le site iPapillon! Vos informations de connexion de Mission monarque fonctionnent aussi sur ce site.

Bonnes observations!

Painted lady
Painted lady
Monarch
(Photo: André Sarrazin)
Monarch
(Photo: André Sarrazin)

Un Blitz à couper le souffle

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Du 29 juillet au 6 août dernier se tenait le deuxième Blitz Mission monarque. Cette année encore, la participation (des citoyens comme des monarques!) a dépassé les attentes. Voici un résumé de la semaine du Blitz, en quelques chiffres.

249

Au cours des neuf journées du Blitz, 115 participants ont soumis plus de 249 missions, dépassant ainsi, en une semaine, le nombre total de missions de la saison 2016!

On qualifie de mission toute sortie durant laquelle on examine un plant d’asclépiade ou plus, à la recherche de chenilles de monarque, et pour laquelle on partage ses observations sur le site internet. Des gens de plusieurs provinces canadiennes (et même de quelques états américains) ont mis la main à la pâte pour réaliser ces 249 missions.

10 348

C’est le nombre d’asclépiades qui ont été inspectées durant la semaine. Excellente nouvelle, puisque la plante hôte du monarque est au cœur de la mission. La recherche derrière Mission monarque s’intéresse aux habitats de reproduction potentiels du monarque, c’est à dire là où on retrouve de l’asclépiade. Bref, il est aussi important de documenter la plante que le papillon. Les données sur les asclépiades sont donc précieuses, même si aucun monarque n’a été trouvé..

606

Les experts s’entendent: nous assistons jusqu’à présent à une meilleure année pour les monarques. Les mentions sont à la hausse sur l’aire de reproduction du papillon, et les 606 monarques adultes rapportés au cours du Blitz ne font que confirmer la tendance.

On calcule la taille des populations de monarques migrateurs en comptant le nombre d’hectares qu’ils occupent pendant leur hivernage. Face aux estimations encourageantes de l’été, on s’attend à atteindre, cet hiver, les chiffres de 2010 et 2015. La population de l’est recouvrait alors un peu plus de 4 hectares. En comparaison avec les 0,67 hectares occupés en 2013, c’est un pas dans la bonne direction!

223

Elles sont les vedettes que nous espérions voir, et elles étaient au rendez-vous! Au cours du Blitz, 223 chenilles ont été repérées sur les plants d’asclépiade inventoriés.

Les chenilles nous offrent des indices sur la qualité des sites de reproduction estivale. Là où elles se trouvent (et survivent), on sait que les conditions sont adéquates. En cumulant les mentions de chenilles de monarque, on parviendra à tracer une carte des habitats les plus productifs et à les prioriser afin d’optimiser les efforts de conservation du monarque.

Pas de pause pour les monarques!

Le Blitz est terminé, mais pour les monarques, le plus gros travail est à venir! Les chenilles qui seront observées au cours des prochaines semaines seront celles qui, une fois adultes, entreprendront le long voyage vers leurs aires d’hivernage au Mexique, Profitons de leurs dernières semaines parmi nous! Les missions réalisées en fin d’été sont tout aussi utiles que celles du Blitz.

Alors, chers participants, nous comptons sur vous!


Le monarque en voie de disparition?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Le Comité sur la survie des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a publié la semaine dernière sa plus récente liste des espèces sauvages jugées en danger. Parmi la liste figure le monarque, que le Comité recommande de qualifier « en voie de disparition ». Quel impact peut avoir cette nouvelle désignation sur la population de l’emblématique papillon? Nouvelle inquiétante ou source d’espoir?

 

Qu’est-ce que le COSEPAC?

Le COSEPAC est un comité composé de spécialistes qui évaluent la situation des espèces sauvages du Canada en se basant sur les recherches scientifiques, le savoir traditionnel autochtone et les connaissances de la collectivité.

Ces informations permettent de dresser un portrait informé des risques de disparition des espèces évaluées. Chacune se voit attribuer un statut, allant de « non-préoccupante » à « disparue ». Muni de ces évaluations, le COSEPAC énonce une liste d’espèces à protéger.

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Statuts établis par le COSEPAC :

  • Espèce disparue
  • Espèce disparue du Canada
  • Espèce en voie de disparition
  • Espèce menacée
  • Espèce préoccupante
  • Espèce non en péril
  • Données insuffisantes

 

Pour bénéficier d’une protection légale, une espèce doit apparaître sur la Liste des espèces en péril du Canada. Pour établir cette liste, le gouvernement fédéral décide ou non de suivre les recommandations du COSEPAC. Il met ensuite en œuvre des règlements et plans de conservation en conséquence, selon la Loi sur les espèces en péril.

Un grand changement pour le monarque

Suite à la plus récente évaluation, le COSEPAC recommande de faire passer le statut du monarque de « préoccupante » à « en voie de disparition » au Canada, ce qui représente un saut important.

Plusieurs menaces pèsent sur le monarque : les pesticides, les changements climatiques, la destruction de leurs habitats de reproduction… Mais ce qui justifie ce drastique changement de statut, selon le comité, c’est la réduction continuelle de la taille des aires d’hivernage, au Mexique. En effet, les forêts de sapins oyamels ont connu une recrudescence de coupe illégale de bois, malgré les efforts de protection du gouvernement mexicain. Puisque toute la population migratrice de l’est de l’Amérique du Nord se retrouve à cet endroit durant l’hiver, la région est névralgique pour la survie du monarque.

Bonne ou mauvaise nouvelle?

Plusieurs sont attristés par ces recommandations, mais est-ce réellement une mauvaise nouvelle? La situation du papillon, qu’on savait déjà précaire, n’a pas empirée de ce fait. Même si le constat nous met face à une dure réalité, on peut y voir une source d’espoir.
Ce nouveau statut éveillerait un sentiment d’urgence. Si les recommandations du COSEPAC sont suivies et que le monarque est déclaré « En voie de disparition », en vertu de la Loi sur les espèces en péril, on peut s’attendre un mouvement important pour sa conservation. En plus d’être bénéfiques pour le papillon, ces actions de conservation contribueraient à la protection de plusieurs autres espèces qui partagent l’habitat du monarque. Espérons donc que le Canada choisisse d’investir dans la sauvegarde de l’insecte qui symbolise son association avec les autres pays d’Amérique du Nord!

Une aide déjà en marche

La bonne nouvelle, c’est qu’on n’a pas besoin d’attendre les procédures officielles pour donner un coup de main au monarque : Mission monarque est là pour ça!

Quel que soit le statut de l’espèce, le monarque a besoin de notre aide. La recherche scientifique représente le premier pas nécessaire au rétablissement de l’espèce.
Même en plein hiver, vous pouvez agir! Parlez de Mission monarque, recrutez de nouveaux participants dans votre entourage et informez-vous sur le monarque!

Nous souhaitons de joyeuses festivités et une excellente fin d’année à tous nos participants!

L’équipe de Mission monarque

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Pourquoi les monarques migrent-ils?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Si ma première expérience à courir un demi-marathon m’a appris quelque chose, c’est que 21 kilomètres, c’est long! Imaginez alors les 4000 km que doivent parcourir les monarques pour atteindre leurs aires d’hivernage. Au moment où les premiers champions passent la ligne d’arrivée de l’état du Michoacán, au Mexique, on peut se demander pourquoi ces papillons se donnent tant de mal. Pourquoi donc les monarques migrent-ils?

 

Le monarque, grand voyageur!

Le monarque est, à l’origine, un papillon tropical. Des populations de l’espèce se retrouvent un peu partout sur la planète (Amériques, Îles du Pacifique, Océanie…), et certaines de ces populations ne migrent pas. En effet, sous des conditions favorables, les générations peuvent se succéder de façon continue, comme c’est le cas pour les monarques au Mexique et en Amérique du Sud.

Pourquoi alors d’autres s’éloignent des tropiques, année après année? Probablement pour éviter la forte compétition pour la nourriture au sein de leur environnement. L’asclépiade, plante nécessaire à la croissance des chenilles de monarque, abonde en été dans les régions plus nordiques. Pour le monarque, c’est un buffet à volonté! En élargissant son territoire, il a donc accès à davantage de ressources nécessaires au développement des chenilles.

Les défis de l’hiver

Il y a pourtant un prix à payer pour cette abondance : l’arrivée de l’hiver! Les insectes vivant dans les milieux tempérés ont développés différentes stratégies pour survivre à la saison froide. Certaines espèces se cachent ou s’enfouissent, d’autre profitent de la protection de la neige pour rester actifs. Le monarque, quant à lui, a développé une formidable capacité de se déplacer sur de longues distances et une habilité hors-pair à naviguer vers des sites d’hivernage bien précis.

Ces sites d’hivernage ne sont pas choisis au hasard. Les forêts de sapins oyamels, au centre du Mexique, offrent des conditions parfaites pour passer l’hiver. La température est assez fraîche pour permettre aux papillons d’adopter un métabolisme qui limite la dépense d’énergie, les arbres offrent une protection contre le vent et l’humidité y est adéquate. En quelques mots, des sites qui valent le déplacement!

La migration au cœur de la Mission

La formidable migration des monarques est un spectacle inégalé. Elle stimule la curiosité scientifique, l’attachement culturel et la passion des humains. C’est grâce aux habitats riches et hospitaliers du Nord de l’Amérique que nous pouvons observer ce magnifique papillon, d’un été à l’autre.

Pour préserver ce phénomène unique, nous devons préserver les habitats qui sont nécessaires à la reproduction du monarque. En connaissant les habitudes du papillon et les milieux qui lui sont le plus favorables, il sera possible de mettre en place des plans de protection de l’espèce. Et c’est que réside la Mission Monarque!

Tous ensemble dans cette mission, veillons à ce que nos visiteurs ailés trouvent toujours les asclépiades qu’ils sont venus chercher au Canada!

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« Au revoir, et merci pour l’asclépiade! »

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Alors que l’orangé des ailes de monarque est remplacé par celui des feuilles d’arbres, brandissons nos mouchoirs et souhaitons bonne chance à nos chers papillons! Depuis déjà quelques semaines, ces monarques que vous avez observés en fin d’été (peut-être même à l’étape de chenille), entreprennent le grand voyage vers les montagnes du centre du Mexique, où ils passeront l’hiver.

Une migration unique

Peu d’espèces peuvent se vanter d’un tel exploit. Parcourir 4000km à coup d’ailes de papillons n’est pas une mince affaire. Comment les monarques surmontent-ils ce défi titanesque? Ils ont plus d’un tour dans leur sac!

Alors que les générations précédentes vivent environ un mois au stade d’adulte, les papillons de la génération migratrice, eux, peuvent vivre plus de neuf mois. Ils mettent en pause le développement de leurs organes reproducteurs, au moment de l’émergence (à la sortie de la chrysalide), et terminent le développement au printemps suivant. Cette pause permet aux papillons d’investir plus d’énergie dans l’accumulation de réserves pour la migration. Les papillons utilisent les grands vents des corridors migratoires pour se déplacer sur d’immenses distances. En cours de route, ils arrêtent lorsque les conditions ne sont pas favorables, ou lorsqu’ils arrivent à un grand point d’eau, où ils se ravitaillent en eau et en nectar. Année après année, les foules de papillons en migration sont observés sur les mêmes sites de repos, le long des grands lacs.

Comment savent-ils où arrêter? Qu’est-ce qui les guide  vers les aires d’hivernage que leurs arrière grands-parents avaient visité? Quels autres trucs utilisent-ils pour réussir un si grand voyage? Mystère! L’impressionnante migration des monarques, inimitée dans le monde, préserve son lot de secrets. Si les monarques disparaissent, la migration disparaît aussi, emportant avec elle les réponses aux questions que se posent de nombreux scientifiques.

Au nom des papillons, merci!

Cet été, vous avez été plus de 1000 participants à inventorier près de 150 sites lors de 220 missions. Les données que vous avez ainsi récoltées seront analysées par l’équipe de recherche. Au fil des missions, nous pourrons dresser un portrait des préférences des monarques dans le choix de leurs habitats de reproduction. Mieux nous comprenons le monarque, mieux nous pourrons le protéger!

Et nous en avons déjà beaucoup appris, cette année! Les patrons de migration, les dates d’arrivée tardives et la faible population nous donnent de quoi réfléchir. Nous adapterons le protocole et optimiserons Mission monarque, afin de tirer le maximum d’information et mieux comprendre les habitudes de reproduction du papillon.

Nous tenons donc à vous remercier pour le temps et de l’énergie que vous avez consacré à la cause. Chacune de vos observations représente un battement d’aile de monarque : avec tous ces battements mis ensemble, nous arriverons au bout du trajet!

Nous comptons sur vous : parlez de Mission monarque à votre entourage, et devenez ambassadeurs pour les monarques! Restez connectés pour suivre les nouvelles des monarques et pour vous préparer à la prochaine saison de mission monarque!

 

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Tous les monarques sont oranges…

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


… mais tous les papillons oranges ne sont pas des monarques !

En cet été où les monarques se font attendre, on est souvent impatient de détecter un papillon orange et noir. Il faut cependant rester vigilent et garder un œil critique, car certaines espèces de lépidoptères affichent des couleurs et patrons pouvant berner les meilleurs observateurs.

Des couleurs qui en disent long

Pour les espèces sauvages pouvant servir de proie (comme les insectes) il est souvent avantageux d’afficher des couleurs ternes pouvant se confondre avec l’habitat. Pourtant, avec ses éclatantes ailes orangées, le monarque ne se fait pas expert du camouflage. Même la chenille sait se faire remarquer avec ses bandes noires, jaunes et blanches.

Avec ces couleurs, le monarque envoie un tout autre signal : celui de la toxicité. Les toxines présentes dans les tissus de l’asclépiade, la plante dont se nourrit la chenille du monarque, sont accumulées dans le corps de l’insecte et lui donnent mauvais goût. Les ailes orange de ce grand papillon indiquent donc aux prédateurs d’éviter de le croquer !

Des airs de famille

On reconnaît généralement le monarque à sa couleur orange et à ses nervures noires. Pourtant, ces seules qualifications ne suffisent pas à identifier le célèbre migrateur. D’autres espèces de papillon, parfois très communes, présentent des attributs semblables.

La liste des papillons aux couleurs orangées, au Canada, est assez longue. Les groupes des argynnes, vanesses, bolorias et damiers peuvent donner du fil à retordre si on les voit passer rapidement, par exemple. Les porte-queues, quant à eux, arborent les belles nervures noires associées au monarque, bien que leurs ailes tirent généralement sur le jaune.

Le plus grand imitateur demeure toutefois le vice-roi, un papillon présent du centre à l’est du Canada. À première vue, il ressemble en tout point au monarque. Aurait-il évolué pour ressembler au monarque, au fil du temps, afin de profité de l’avertissement toxique de ce dernier ? Ou bien aurait-il développé les mêmes trucs, étant lui aussi toxique ?

Peu importe l’explication derrière cette ressemblance, il est assez simple de différencier les deux sosies. D’abord, la taille diffère entre les deux espèces. Alors que le monarque figure parmi les plus grands papillons diurnes du Canada, du haut de ses 10cm d’envergure, le vice-roi ne dépasse guère les 7 cm. Si un « monarque » semble petit, il s’agit possiblement d’un vice-roi. Ensuite, contrairement au monarque, le vice-roi affiche une nervure supplémentaire sur chacune de ses ailes postérieures, perpendiculaire aux autres nervures. Cette ligne noire qui traverse les autres est facilement repérable, si on arrive à jeter un œil d’assez près au papillon.

Une fiche est dédiée aux espèces de papillons à ne pars confondre avec le monarque. Consultez-la pour vous familiarisez avec les papillons orange du Canada. Oh et, pendant que vous y êtes, pourquoi ne pas rapporter ces observations sur iPapillon ?

Bonne mission !

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Monarque adulte
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Chenille de monarque
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Belle-dame
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Papillon tigré du Canada
INS061727
Vice-roi

Mission monarque: la science derrière la science citoyenne

Par Maxim Larrivée


 
La population migratoire du papillon monarque a diminué dramatiquement au cours des 20 dernières années. Elle a atteint sa plus petite taille dans les sites d’hivernage au Mexique au cours de l’hiver 2014. On estime qu’entre 10 et 15% de la population migratoire se reproduit au Canada chaque été. Jusqu’à présent, les efforts de conservation du monarque au Canada ont principalement résidé dans la préservation des aires d’attroupement le long des grands lacs durant la migration automnale. Il n’existe aucune connaissance scientifique détaillée portant sur les aires de reproduction du monarque au Canada afin de mettre en place un plan de conservation national qui permettrait d’optimiser le succès reproducteur du monarque au Canada.

Lors de la première rencontre du groupe d’experts canadiens sur le monarque, il fut déterminé que le Canada devrait avoir comme but de maximiser le succès reproducteur du monarque au Canada dans ses efforts de conservation internationaux avec le Mexique et les États-Unis. Ce but mena ainsi les experts à se poser la question suivante : est-ce que la quantité d’asclépiade est un facteur limitant le succès reproducteur du monarque au Canada? Cependant, aucune donnée n’est présentement disponible pour répondre à cette question. L’équipe de chercheurs derrière le projet Mission monarque décida alors de mettre en place une approche en 3 étapes pour recueillir l’information nécessaire afin d’atteindre cet objectif.

  1. La première étape consiste à mettre en commun toute l’information existante sur les répartitions de l’asclépiade et celle du monarque au Canada afin de déterminer les aires de reproduction actuelles et potentielles du monarque à l’aide de modèles bioclimatiques de répartition de l’asclépiade et du monarque.
  2. La deuxième étape est d’identifier des zones de forte reproduction en combinant les résultats de la première étape avec les données d’estimation de la densité de monarque récoltées par les participants d’iPapillon ainsi que par les analyses nationales d’utilisation du paysage.
  3. Finalement, la dernière étape servant à valider et raffiner les deux premières est de faire des inventaires sur le terrain, via le projet de science citoyenne Mission monarque, afin d’identifier les zones de forte reproduction du monarque.

Le monarque se reproduit sur un vaste territoire à travers une grande partie du Canada. Un territoire si vaste qu’il serait impossible à une seule équipe de chercheurs de récolter l’ensemble des données nécessaires pour rapidement évaluer si la disponibilité de l’asclépiade est un facteur limitant. Les chercheurs du projet Mission monarque font appel à la tous les citoyens canadiens afin de les aider à valider et raffiner leur recherche visant à identifier les zones de forte reproduction du monarque afin d’aider concrètement à conserver le phénomène migratoire du monarque.

 


Tout ce que vous devez savoir à propos de Mission monarque

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque

Vous acceptez la mission !

Vous voilà donc prêt à aider le monarque, mais vous vous sentez un peu déboussolé dans toutes ces instructions ? Pas de panique, voici un survol des étapes de Mission monarque!
Cliquez sur les liens pour accéder à chacune des sections mentionnées.

1- Trouvez de l’asclépiade

Apprenez à reconnaître et localiser l’asclépiade, plante hôte du monarque. Vous pouvez aussi télécharger les fiches d’identification des asclépiades les plus communes au Canada.
Une fois bien informé, localisez des plants d’asclépiade sur lesquels vous mènerez la mission.

2- Vérifiez si des chenilles de monarques s’y trouvent

Examinez attentivement le nombre de plants d’asclépiade que vous voulez, en prenant soin de noter l’endroit où vous menez votre mission. Utilisez le formulaire de terrain pour noter vos observations. Cherchez les chenilles de monarque, mais notez si vous observer des œufs, chrysalide ou adultes. Pour reconnaître les différentes étapes du cycle de vie du monarque, consultez cette page et téléchargez les fiches d’identification.

3- Rapportez vos observations

Au retour de votre mission, soumettez vos données sur le site Internet de Mission monarque. Si vous ne l’avez pas déjà fait, créez un compte. Puis, rapporter vos observations en remplissant les champs demandés. Soumettez vos observations même si vous n’avez trouvé aucun monarque : les zéros sont très importants!

Allez plus loin!

D’autres outils sont disponibles pour agrémenter vos missions. Consultez la fiche « À ne pas confondre » pour identifier d’autres espèces d’insectes pouvant ressembler à des monarques. Vous pouvez aussi identifier les autres insectes qui se retrouvent fréquemment sur l’asclépiade grâce à la fiche « Communauté de l’asclépiade »

Pour toute question sur le protocole, contactez-nous! Notez que les observations envoyées par courriel ne peuvent être ajoutées à la base de données. Soumettez-les directement via le site Internet!

Merci pour votre participation à la sauvegarde du monarque!

Bonnes missions!

 

 

 


Combien de monarques rencontrerez-vous cet été?

Par Sonya Charest

En tant que passionnés du monarque, vous espérez sans doute en observer des dizaines et des dizaines de lors de vos sorties sur le terrain. Et c’est certainement ce qu’on vous souhaite. Cependant, dans ce domaine, aucune garantie! Si vous deviez revenir bredouille de vos sorties d’observation, ne vous découragez surtout pas. Vos données sont tout aussi précieuses pour la recherche. Voici pourquoi.

Le cycle annuel du monarque suit une phénologie particulière. Par exemple, vos sorties sur le terrain peuvent débuter dès que les asclépiades pointent leurs premières feuilles printanières. Mais, règle générale, cela se produit bien avant l’arrivée des femelles monarques prêtes à pondre leurs oeufs! Il est donc naturel que, lors de vos premières sorties d’observation sur le terrain, vous ne trouviez pas les oeufs et chenilles recherchés. Comme il n’est pas possible de prévoir avec précision le moment d’arrivée des premiers monarques, il vous faudra vous déplacer régulièrement pour découvrir les premiers oeufs.

Prenez en considération également que, tout au long de l’été, les générations successives de monarques permettent d’augmenter la taille de la population. Ce n’est donc pas parce que la première génération n’était pas présente sur votre site que vous ne trouverez pas de monarques plus tard en saison.

Ajoutez à cela la variation annuelle de la taille des populations (des années, elles sont vraiment très faibles) et vous comprendrez qu’il est absolument impossible de prévoir la présence ou non des monarques sur vos sites Mission monarque.

Mais ce sont vos visites régulières, celles où vous aurez observé ou non des monarques, qui permettront aux chercheurs de mieux connaître la distribution de l’espèce et sa phénologie.

Un zéro dans la case servant à noter la présence du roi des papillons en dit beaucoup! Ne l’oubliez surtout pas.

Finalement, il est bon de rappeler que Mission monarque a pour but de décrire et pointer les meilleurs habitats de reproduction à préserver. Les sites où on trouve de l’asclépiade et qui ne sont pas fréquentés les monarques, même lorsque l’espèce est présente en grand nombre, apportent un éclairage important. Les chercheurs ont besoin de ces données pour mieux les étudier et pour bien cibler les interventions de conservation.

Votre grand défi, cher participant, sera de vous convaincre de l’importance de vos visites régulières sur vos sites, quels qu’en soient les résultats. De notre côté, nous le sommes. Votre participation est essentielle! Merci!

 
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