Réunion au sommet pour le monarque

Les participants à l’Atelier sur la recherche et la surveillance du monarque. Photo: Marie-Claude Rouillard (CCE)

Du 6 au 8 février se tenait à Montréal l’Atelier sur la recherche et la surveillance du monarque. Des experts de la conservation de ce papillon en provenance du Canada, du Mexique et des États-Unis étaient réunis pour constater l’état des connaissances et définir les priorités pour les recherches subséquentes. Voici un résumé de cette rencontre trinationale très chargée!

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonateur de Mission monarque


Sauver le monarque; oui, mais comment? Pour freiner le déclin des populations et préserver le phénomène de sa migration, il faut comprendre les défis auxquels le monarque est confronté le long de son corridor migratoire. Or, même s’il s’agit d’un des insectes les plus étudiés au monde, de nombreuses questions demeurent. Voici des exemples de question que les experts réunis la semaine dernière se sont posé pendant l’atelier organisé par la Commission de coopération environnementale.

Fleurs d’asclépiade commune, l’une des plantes butinées par le monarque adulte.

 

Partager les données

Mission monarque est le seul projet de science citoyenne dédié au monarque au Canada, mais les États-Unis et le Mexique en comptent plusieurs. Les chercheurs des trois pays se sont donc entendus sur l’importance de rendre leurs bases de données compatibles et de mettre en commun toutes les informations récoltées à ce jour.

 

Documenter les ressources en nectar

La chenille du monarque ne mange que de l’asclépiade, mais l’adulte butine plusieurs espèces de plantes nectarifères. Est-ce que le nectar, seule source d’énergie du papillon, est disponible en quantités suffisantes aux moments cruciaux de la vie de l’insecte, tels que la ponte et la migration? Est-ce que le monarque est en compétition avec d’autres insectes pour ce liquide sucré? Pour répondre à ces questions, il faudra d’abord déterminer quelles sont les plantes butinées par le monarque, puis, une fois identifiées, en connaître la répartition et l’abondance. Finalement, il faudra prédire, à l’aide de modèles statistiques, comment le moment et la durée de leur floraison évoluera avec les changements climatiques. Avec ces informations, il sera possible d’identifier les régions et les moments où le nectar pourrait manquer et aménager les habitats en conséquence.

 

La chenille se nourrit de l’asclépiade sur laquelle son œuf a été pondu.

Connaître ses origines

Où naissent les monarques? À ce jour, l’étiquetage a été la méthode la plus utilisée pour répondre à cette question. Malheureusement, des papillons étiquetés, à peine plus de 1% est retrouvé et, ainsi, procure de précieuses informations sur leurs origines. Une approche alternative consiste à étudier la signature isotopique. Les molécules qui composent les ailes des monarques proviennent de l’asclépiade mangée par la chenille sur les sites de reproduction. Certaines de ces molécules portent une «signature», c’est-à-dire qu’elles sont spécifiques à l’endroit d’où elles viennent. Cette méthode est donc très avantageuse, puisqu’elle révèle l’origine de n’importe quel monarque, pas seulement ceux qui ont été marqués au préalable. Connaitre les endroits où le papillon se reproduit est primordial pour la protection de l’espèce.

 

Les chercheurs ont du pain sur la planche! D’ici le prochain atelier trinational sur la conservation du monarque, prévu dans un an, ces questions et d’autres encore les tiendront occupés. De son côté, l’équipe de Mission monarque se prépare pour un autre été rempli de missions en votre compagnie! Vos observations contribueront directement à répondre aux questions posées pendant l’atelier.