Les monarques s’en sont allés

Fidèles à leur instinct, les monarques ont pris le chemin du Mexique. La migration automnale est une grande aventure à laquelle on estime que seule la moitié des papillons survivent. Avec les changements climatiques, leur défi est encore plus grand…

par André-Philippe Drapeau Picard, coordonnateur de Mission monarque

Survivre au frais

Comme chaque année depuis des millénaires, les monarques nous quittent pour mettre le cap sur le sud. Ce n’est rien contre vous ; c’est qu’ils ne tolèrent pas nos hivers ! Dans les forêts de sapins sacrés (Abies religiosa), où les papillons se réfugient en attendant le printemps, les températures légèrement au-dessus du point de congélation sont idéales pour leur survie. Elle leur évite de geler tout en ralentissant leur métabolisme, ce qui leur permet d’économiser leur énergie. Or, le chemin pour se rendre dans leur aire d’hivernage est semé d’embûches.

 

Risque de panne sèche

D’abord, pour accomplir cette migration de plus de 4000 km, ça prend du carburant. Le carburant des papillons, c’est le nectar des fleurs. Pour éviter la panne sèche, ils ont besoin de faire le plein avant de partir ! Toutefois, là où les prairies fleuries autrefois abondaient, dominent désormais des champs où l’on cultive des plantes qui ne produisent pas ou peu de nectar. La perte d’habitat résultant de l’agriculture intensive est donc un obstacle à leur migration automnale.

 

Sécheresses et ouragans

Un autre défi de taille est celui des changements climatiques, dont nous commençons à comprendre les impacts sur la migration du monarque. Par exemple, les précipitations sont réparties moins uniformément, ce qui fait que des périodes de sécheresse alternent avec des pluies intenses. En période de sécheresse, les plantes ralentissent leur croissance et produisent un nectar de moindre qualité.

En plus des sécheresses, les changements climatiques augmentent la fréquence d’événements météorologiques extrêmes, comme les ouragans et les tornades. Lorsque ces tempêtes ont lieu pendant la migration, et c’est le cas à l’automne, les monarques meurent en bien plus grand nombre. Par exemple, cette année, les premiers migrants ont rencontré l’ouragan Florence, qui a frappé la côte est américaine à la mi-septembre. Quel a été l’impact sur la survie des monarques ? Nous ne le saurons que lorsque les résultats de l’inventaire annuel réalisé dans les sites d’hivernages mexicains seront disponibles.

 

Protection toujours nécessaire

Même si les monarques ont été très abondants cet été dans leur aire de reproduction estivale au Canada et dans le nord-est des États-Unis, cela ne veut pas dire que leur déclin a été enrayé pour de bon. Il suffit d’une migration difficile pour réduire la population à une peau de chagrin. Ainsi, pour voir comment évolue le nombre de monarques année après année, il est primordial de continuer à participer à Mission monarque !

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Le Blitz 2018 en chiffres

Le Blitz 2018 s’est tenu du 28 juillet au 5 août. Cette année encore, ce fut un succès! Grâce à celles et ceux qui ont partagé leurs observations de monarque et d’asclépiades pendant cette période, nous avons fracassé les records de l’an dernier. Voici quelques statistiques qui témoignent de l’énergie investie par les participants de Mission monarque pendant le Blitz.

par André-Philippe Drapeau Picard, coordonnateur de Mission monarque

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C’est le nombre d’asclépiades qui ont été examinées pour y trouver des chenilles. C’est plus du double de l’an dernier! Comme le monarque ne pond que sur cette plante, il est essentiel d’en connaitre la répartition pour trouver son habitat critique. Il est donc important de rapporter ses observations d’asclépiades, même si on ne trouve pas de monarque!

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Ça, c’est le nombre de chenilles qui ont été observées sur les asclépiades. C’est près de dix fois plus que l’an dernier! En effet, les monarques sont très abondants cet été. C’est bon signe, mais ça ne veut pas dire que la population est rétablie. N’oublions pas qu’en décembre dernier, au Mexique, la même population était à son plus bas en trois ans.

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Il s’agit du nombre participants. En d’autres mots, c’est vous! Vous avez été près de deux fois plus nombreux que l’an dernier à nous soumettre vos observations.

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Finalement, voici le nombre d’endroits où des observations ont été faites. Ces endroits sont répartis dans sept provinces canadiennes et neuf états américains. Pas mal! Plus grand est le territoire couvert par vos observations, meilleure est notre connaissance de la répartition du monarque et de l’asclépiade durant sa période de reproduction.

Le Blitz 2018 est terminé, mais les monarques seront encore parmi nous pendant encore quelques semaines avant d’entreprendre leur migration vers le Mexique! Gardez l’œil ouvert et continuez à partager vos observations en grand nombre jusqu’à la fin de l’automne.

Le Blitz est une initiative de la Commission de coopération environnementale. Il était organisé par l’Insectarium d’Espace pour la vie à Montréal, Environnement et Changement climatique Canada , Monarch Joint Venture, le Fish and Wildlife Service des États-Unis et de la Comisión Nacional de Áreas Naturales Protegidas du Mexique.

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Les monarques sont là!

Ils sont de retour! Le 2 mai dernier, la première observation canadienne de monarque pour 2018 a été faite. Le papillon a été vu au parc national de la Pointe-Pelée, au sud de l’Ontario. Comment se compare cette observation à celles des années précédentes? Voyons ce que disent les archives…

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonnateur de Mission monarque

Monarque butinant sur une verge d’or (Solidago sp.). Photo: André Sarrazin

Au printemps, certaines personnes semblent prises de fièvre et adoptent des comportements étranges. On les voit déambuler dans les éclaircies, équipées de jumelles et de gros appareils photos, regardant tout autour comme si elles se sentaient surveillées. Ce sont les symptômes de la fièvre du monarque!

En effet, nombreux sont ceux qui attendent impatiemment le retour des monarques. Les papillons que nous avons vus partir à l’automne ont passé l’hiver au Mexique, dans les forêts de sapins oyamel. En mars, ils ont quitté ces sites d’hivernage pour entreprendre la migration vers le nord. Toutefois, les monarques qui arrivent au printemps au Canada ne sont pas ceux qui ont passé l’hiver au Mexique, mais leurs descendants nés aux États-Unis.

A marsh at Point Pelee.
Un marais dans le parc national de Pointe-Pelée.

Au Canada, les premières observations de monarques se font généralement Ontario. Dans l’Atlas des papillons de l’Ontario, qui contient plusieurs milliers d’observations de monarques, le tiers des premières mentions de cette espèce a été faite dans le parc national de Pointe-Pelée. Cela s’explique d’abord par le fait que ce parc est le point le plus au sud de cette province –et du Canada. Ensuite, puisque Pointe-Pelée s’avance dans le lac Érié, cela en fait l’endroit le plus étroit où traverser ce Grand Lac.

L’Atlas des papillons de l’Ontario comprend une cinquantaine années d’observations de monarques. En moyenne, les premières observations canadiennes se font le 13 mai, avec un écart-type de 20 jours. En voir un le 2 mai, comme cette année, est donc un peu tôt, mais pas extraordinaire. En effet, 11 des 48 premières observations répertoriées dans l’Atlas ont été faites en avril!

Et au Québec?

Au Québec, les monarques arrivent environ un mois plus tard. Selon les observations soumises à iPapillon, les premiers monarques sont vus autour du 13 juin. Qu’en sera-t-il cette année? Nous le saurons bientôt! Ouvrons l’œil…

Il est important de faire le suivi des espèces migratrices, surtout celles qui sont préoccupantes comme le monarque, pour anticiper les défis qu’elles pourraient rencontrer. Les changements climatiques, par exemple, peuvent décaler les migrations et accélérer la croissance des végétaux, causant un déphasage entre les migrants et leurs ressources alimentaires.

Toutes ces informations, d’une valeur inestimable, on les connait grâce à des milliers de passionnés comme vous qui partagent leurs observations sur des plateformes de science citoyenne comme Mission monarque. La fièvre du monarque, finalement, c’est une bonne chose!

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Baisse de 15% de la population du monarque

 

Selon la dernière évaluation, la population du monarque de l’Est a diminué de près de 15% par rapport à l’année dernière. Ce constat préoccupant montre qu’il reste encore du travail à faire pour comprendre et protéger le monarque migrateur, qui est en voie de disparition.

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonnateur de Mission monarque

Depuis un pic historique en 1997, la population de monarque de l’Est a diminué de 80%. Cette tendance, particulièrement observée sur les sites d’hivernage au Mexique, a alarmé les groupes environnementaux et les gouvernements des pays d’Amérique du Nord. Au Canada, le papillon a été désigné «espèce préoccupante» en 1997, puis «espèce en voie de disparition» en 2016. L’hiver 2013-2014 a été l’année la plus basse en terme de superficie, les monarques couvrant seulement 0,67 hectare. Cette année, les papillons ont occupé 2,48 ha, ce qui constitue la plus petite superficie en trois ans.

L’asclépiade commune, dont la chenille du monarque se nourrit, a largement décliné dans le Midwest américain.

Quel est le problème?

Les chiffres publiés aujourd’hui sont préoccupants. L’été dernier, les monarques étaient relativement abondants; on s’attendait donc à voir cette abondance se refléter sur la taille des populations au Mexique. Ceci laisse croire que le problème soit pendant la migration. Est-ce que la migration tardive de plusieurs monarques leur aurait nuit à ce point? Est-ce la conséquence d’événements météorologiques extrêmes sur le trajet? Il est trop tôt pour l’affirmer.

De façon générale, le déclin du monarque est attribué à plusieurs causes : pesticides, déclin de sa plante hôte l’asclépiade, coupes forestières, changements climatiques… Comme le papillon voyage sur de grandes distances en traversant des paysages très variés, il rencontre des obstacles de natures différentes. Cela représente un vrai casse-tête pour les chercheurs et les décideurs, qui doivent placer toutes les pièces ensemble pour arriver à mettre en place un plan de conservation efficace.

Une chose est sûre, c’est que les populations de monarque migrateur sont en déclin et que l’avenir de la migration du monarque n’est pas garanti. Des chercheurs ont récemment calculé que le risque de quasi-extinction de la population de l’Est s’élève à près de 60% sur un horizon de 20 ans, selon le pire des scénarios. Pour éviter cette situation, on vise une superficie de 6 ha dans les sites d’hivernage mexicains, soit plus du double de cette année.

Encore du travail

Ces chiffres montrent qu’il reste du travail pour comprendre et protéger le monarque. Pour y arriver, il faut continuer à faire des recherches et à protéger les habitats du monarque. C’est en affinant notre compréhension de la biologie du monarque et des facteurs qui influencent sa survie qu’il sera possible de lui conférer une protection efficace.

Réunion au sommet pour le monarque

Les participants à l’Atelier sur la recherche et la surveillance du monarque. Photo: Marie-Claude Rouillard (CCE)

Du 6 au 8 février se tenait à Montréal l’Atelier sur la recherche et la surveillance du monarque. Des experts de la conservation de ce papillon en provenance du Canada, du Mexique et des États-Unis étaient réunis pour constater l’état des connaissances et définir les priorités pour les recherches subséquentes. Voici un résumé de cette rencontre trinationale très chargée!

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonateur de Mission monarque


Sauver le monarque; oui, mais comment? Pour freiner le déclin des populations et préserver le phénomène de sa migration, il faut comprendre les défis auxquels le monarque est confronté le long de son corridor migratoire. Or, même s’il s’agit d’un des insectes les plus étudiés au monde, de nombreuses questions demeurent. Voici des exemples de question que les experts réunis la semaine dernière se sont posé pendant l’atelier organisé par la Commission de coopération environnementale.

Fleurs d’asclépiade commune, l’une des plantes butinées par le monarque adulte.

 

Partager les données

Mission monarque est le seul projet de science citoyenne dédié au monarque au Canada, mais les États-Unis et le Mexique en comptent plusieurs. Les chercheurs des trois pays se sont donc entendus sur l’importance de rendre leurs bases de données compatibles et de mettre en commun toutes les informations récoltées à ce jour.

 

Documenter les ressources en nectar

La chenille du monarque ne mange que de l’asclépiade, mais l’adulte butine plusieurs espèces de plantes nectarifères. Est-ce que le nectar, seule source d’énergie du papillon, est disponible en quantités suffisantes aux moments cruciaux de la vie de l’insecte, tels que la ponte et la migration? Est-ce que le monarque est en compétition avec d’autres insectes pour ce liquide sucré? Pour répondre à ces questions, il faudra d’abord déterminer quelles sont les plantes butinées par le monarque, puis, une fois identifiées, en connaître la répartition et l’abondance. Finalement, il faudra prédire, à l’aide de modèles statistiques, comment le moment et la durée de leur floraison évoluera avec les changements climatiques. Avec ces informations, il sera possible d’identifier les régions et les moments où le nectar pourrait manquer et aménager les habitats en conséquence.

 

La chenille se nourrit de l’asclépiade sur laquelle son œuf a été pondu.

Connaître ses origines

Où naissent les monarques? À ce jour, l’étiquetage a été la méthode la plus utilisée pour répondre à cette question. Malheureusement, des papillons étiquetés, à peine plus de 1% est retrouvé et, ainsi, procure de précieuses informations sur leurs origines. Une approche alternative consiste à étudier la signature isotopique. Les molécules qui composent les ailes des monarques proviennent de l’asclépiade mangée par la chenille sur les sites de reproduction. Certaines de ces molécules portent une «signature», c’est-à-dire qu’elles sont spécifiques à l’endroit d’où elles viennent. Cette méthode est donc très avantageuse, puisqu’elle révèle l’origine de n’importe quel monarque, pas seulement ceux qui ont été marqués au préalable. Connaitre les endroits où le papillon se reproduit est primordial pour la protection de l’espèce.

 

Les chercheurs ont du pain sur la planche! D’ici le prochain atelier trinational sur la conservation du monarque, prévu dans un an, ces questions et d’autres encore les tiendront occupés. De son côté, l’équipe de Mission monarque se prépare pour un autre été rempli de missions en votre compagnie! Vos observations contribueront directement à répondre aux questions posées pendant l’atelier.

2018 : L’équipe de Mission monarque prend des résolutions!

Par André-Philippe Drapeau Picard
Coordonateur du projet Mission monarque


L’année 2017 a été bien remplie, et nous prévoyons que 2018 le soit tout autant! Le sondage remis aux participants de Mission monarque en 2017 nous a permis d’identifier vos besoins. Voici donc les résolutions de l’équipe pour l’année qui commence.

 

Nous voulons vous revoir en 2018

Si vous avez fait des missions en 2016 ou en 2017, nous aimerions vous revoir en 2018! Vous pouvez retourner à l’endroit d’une mission passée, ou encore vous aventurer dans un nouveau site! Toutes vos observations sont importantes.

 

Photo: Daphné Laurier Montpetit

Faire de vous des chefs de mission

Les chefs de mission sont des personnes motivées qui recrutent des participants et organisent des missions. En 2017, vous avez été près de 200 à suivre la formation. Connaissant votre enthousiasme, nous sommes persuadés que nous pouvons atteindre 500 cette année! Contactez-nous si vous désirez en savoir davantage.

 
 
 
 
 
 

Mobiliser des passionnés de partout en Amérique du Nord!

Vos missions!

La plupart de nos participants proviennent du Québec ou de l’Ontario. Cette année, nous souhaitons bien sûr continuer à avoir des données pour ces deux provinces, mais nous visons un plus grand nombre d’observations dans les autres provinces où le monarque se reproduit, de même qu’aux États-Unis et au Mexique. Nous savons qu’il y a là aussi des passionnés du monarque!

 
 
 

Photo: Daphné Laurier Montpetit

Mobiliser l’énergie des jeunes!

Nous travaillons sur un format de mission adapté aux jeunes des écoles primaires et des camps de jour. L’activité devrait être prête au printemps, juste à temps pour l’arrivée des monarques!

 
 
 
 
 
 

Améliorer notre site web

Le site web de Mission monarque fait peau neuve! Plus simple d’utilisation, il sera en ligne au cours de l’hiver.

 

Au plaisir de vous retrouver cet été pour de nouvelles missions!

L’équipe de Mission monarque

C’est le temps d’en profiter!

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Avec le temps des fêtes qui approche, nous ne pouvons que lever nos verres aux participants de Mission monarque! Pour cette deuxième année d’existence, le projet a dépassé les attentes.
Chers scientifiques citoyens, à la vôtre!

Résumé de la participation

Vous avez été nombreux à vous mobiliser pour le monarque. Cette année seulement, vous avez mené plus de 1000 missions, sur 423 sites différents. Au total, 31 519 asclépiades ont été scrutées, à la recherche de monarques. Ces chiffres représentent plus du double (et parfois le triple) des résultats de l’année dernière.

Et les monarques étaient au rendez-vous! Nous comptons présentement 882 mentions de chenilles et 2443 mentions d’adultes. Bien que quelques identifications restent à être confirmées, nous pouvons affirmer avec confiance que l’été fut riche en monarques! Espérons que cette tendance observée se confirme lors du décompte annuel officiel, à venir au début de l’année 2018.

Chefs de mission

Une autre bonne nouvelle renforce notre fierté, au terme de cette année riche en papillons. Au mois de juillet, nous avons lancé, pour la première fois, une tournée de formation de Chefs de mission, en Ontario. Plus de 100 participants ont ainsi suivi un atelier de deux heures, afin d’apprendre à organiser des missions de groupe, dans leur région.

La tournée fut un succès, et sera certainement de retour, l’an prochain. Si vous êtes intéressés à suivre cette formation gratuite, écrivez-nous à missionmonarque@gmail.com.

Nous avons donc beaucoup à célébrer en cette fin d’année, avant de nous relancer dans une nouvelle saison, et c’est grâce à vous!
Nous souhaitons, à tous nos participants, un merveilleux temps des fêtes et une formidable nouvelle année. Nous avons hâte de vous retrouver en 2018, pour une nouvelle année, remplie d’asclépiade!

Joyeuses fêtes!

L’équipe de Mission monarque

Photo: André Sarrazin

Que font les monarques en hiver?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonnatrice du projet Mission monarque


Nous les voyons partir – avec un peu de tristesse – à l’automne. Nous savons qu’ils migrent sur des milliers de kilomètres, et que leurs descendants seront de retour, avec l’arrivée des journées chaudes. Mais que se passe-t-il donc, entre l’automne et le printemps? Que font les monarques en hiver?
 

Destination sud

C’est dans les montagnes du centre du Mexique, dans l’état du Michoacán, que les monarques passent l’hiver. Là, des forêts de sapins oyamels les accueillent, année après année. Si le Mexique nous rappelle le soleil, la plage et la chaleur, c’est un tout autre environnement que trouvent là les monarques!

Les monarques ne supportent pas les températures glaciales du nord des États-Unis et du Canada; ils migrent donc vers le sud pour éviter le gel. Pourtant, ce ne sont pas des températures chaudes qu’ils recherchent, mais plutôt des conditions fraîches.

L’objectif de la migration est de trouver le climat parfait : assez chaud pour éviter le gel, mais assez froid pour permettre aux papillons de vivre jusqu’au printemps. Ainsi, les températures hivernales, dans les aires d’hivernage du monarque, varient généralement entre 1 et 6°C.
 

Une longue pause… la diapause!

Sous des températures plus chaudes, les monarques gardent leur rythme métabolique normal. Par exemple, pendant l’été, les monarques vivent à l’étape adulte environ un mois. Comment, alors, survivent-ils plus de 7 mois d’hiver, afin de se reproduire au printemps?

Les monarques de cette génération comptent sur quelques trucs biologiques pour vivre aussi longtemps. Un de ces trucs est la diapause, une période pendant laquelle le développement cesse chez le papillon. C’est une sorte de dormance pendant laquelle il économise son énergie, étirant ainsi sa durée de vie.
Les conditions fraîches des sites d’hivernage permettent cet important ralentissement de métabolisme. De plus, le froid permettrait aux papillons de recalibrer leur boussole interne en préparation de la migration printanière, vers le nord.
 

Un équilibre fragile

Cet environnement parfait où les monarques passent la saison froide est malheureusement très délicat, et de nombreux facteurs troublent son équilibre. La coupe d’arbres, sur ou à proximité des sites d’hivernage, peut laisser passage à des courants d’air qui brisent l’isolation de l’habitat.

Les changements climatiques inquiètent aussi les chercheurs. Des températures plus chaudes pourraient affecter la diapause ainsi que le système d’orientation des papillons. Des températures froides, causées par des dérèglements climatiques, sont tout aussi inquiétantes. Pensons à la tempête qui a frappé le Michoacán, au printemps 2016, causant la mort de millions de monarques.

Malgré tout, les papillons voyageurs sont de retour, cette année encore, sur les sites qu’on visités leurs ancêtres. Ils sont prêts pour un autre hiver.
Dans l’équipe de Mission monarque, on a déjà hâte de les retrouver. Et vous?
 

Photo: Anita Ritenour

Comment les monarques trouvent-ils leur chemin?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


Les monarques d’Amérique du Nord sont reconnus pour leur spectaculaire migration annuelle, du Canada au Mexique. Chaque automne, les papillons entreprennent une route de 4000 km vers les forêts de sapins oyamels, au centre du Mexique, où ils passent l’hiver. Une fois le printemps arrivé, les voilà repartis pour une migration nordique qui, elle, s’étalera sur plusieurs générations.

Si la distance parcourue par les monarques est impressionnante, leur capacité de trouver leur chemin ne l’est pas moins! Comment les monarques parviennent-ils à naviguer jusqu’à destination, année après année?

Une boussole interne sophistiquée

Tous les monarques n’ont pas « l’appel du Sud ». Lors d’expériences dans un simulateur de vol, seuls les papillons dits « d’automne » ont démontré une direction claire, dans leur vol. Instinctivement, ils se dirigent vers le sud-ouest.

Les monarques migrateurs se fient au soleil pour connaître la direction à suivre. Cependant, puisque sa position change au cours de la journée, la simple observation du soleil ne suffit pas. Imaginez le zig-zag que ferait un papillon en suivant simplement le soleil, d’est en ouest!

Pour résoudre ce problème, les monarques migrateurs comptent sur une horloge biologique. Située dans les antennes, elle leur indique le moment de la journée. Grâce à cette information, les papillons peuvent ajuster leur position par rapport au soleil, afin de maintenir le cap vers le sud-ouest. Ainsi, en matinée, ils maintiennent le soleil à leur gauche et en après-midi, à leur droite.

Ce sont donc ces deux informations combinées – la position du soleil et le moment de la journée – qui constituent la boussole interne permettant aux monarques de naviguer vers le Mexique.

Et par jours nuageux?

Il arrive que des nuages cachent le soleil, privant les monarques de leur indice visuel. Heureusement, les papillons ont plus d’un tour dans leur sac!
En plus de l’horloge biologique, les indispensables antennes du papillon renferment une « boussole magnétique ». Cet outil indique aux monarques où ils se situent par rapport à l’équateur. Ils peuvent donc retrouver leur chemin vers le sud en se fiant aux lignes du champ magnétique terrestre. Impressionnant, non?

Cap au nord!

Au printemps, tout bascule! Les monarques ayant passé l’hiver au Mexique repartent en migration, mais cette fois, dans la direction opposée. Le même mécanisme entre en jeu, mais avec un changement important : la boussole interne a été recalibrée, au cours de l’hiver, pour indiquer le nord. On croit que l’exposition au froid déclenche ce recalibrage.

Plusieurs mystères entourent toujours les méthodes de navigation des monarques et chaque saison dévoile de nouvelles réponses. Chose certaine, ces grands voyageurs ne cesseront jamais de nous étonner!

Le monarque et la belle-dame: savez-vous les différencier?

Par Daphné Laurier Montpetit
Coordonatrice du projet Mission monarque


On l’appelle la belle-dame (Vanessa cardui), et c’est l’espèce de papillon la plus répandue au monde. Au Canada, elle semble suivre un cycle: rare certaines années, elle revient en nombre d’autres étés. Cette année, les observations de cette espèce foisonnent. Avec ses ailes orangées, elle peut rappeler le monarque et tromper l’œil de plusieurs observateurs.
Savez-vous la différencier du monarque?

Des ressemblances…

Comme le monarque, la belle-dame appartient à la famille des nymphalidés. Il s’agit aussi d’une espèce migratrice qui, après avoir volé au Canada d’avril à octobre, migre vers le sud des États-Unis ou au Mexique pour l’hiver. On peut observer deux ou trois générations au cours de l’été.

… et des différences!

Si ses couleurs peuvent rappeler celles du monarque, les patrons affichés sur ses ailes sont bien différents. La belle-dame ne présente pas de nervures noires, comme celles du monarque, mais plutôt des taches brunes. Sur le revers de ses ailes postérieures, visible lorsque le papillon a les ailes fermées, on distingue quatre ocelles – taches rondes rappelant des yeux.

D’une envergure d’environ 6 cm, la belle-dame est aussi plus petite que le monarque, qui, peut atteindre jusqu’à 10 cm d’envergure. Le vol de la belle-dame est rapide et erratique, contrairement au flottement lent du monarque.

Vous avez vu des belles-dames?

À première vue, on peut facilement confondre les deux papillons orangés. Pour vous assurer de rapporter la bonne espèce de papillon, prenez des photos de vos trouvailles. Les clichés sont d’une grande aide pour confirmer les identifications. Fiez-vous aux fiches d’identification du monarque et à la fiche “À ne pas confondre” pour valider vos observations.

Pensez à rapporter vos observations de monarques sur le site de Mission monarque. Et s’il s’agit de belles-dames? Contribuez à la recherche sur les papillons, en rapportant vos observations sur le site iPapillon! Vos informations de connexion de Mission monarque fonctionnent aussi sur ce site.

Bonnes observations!

Painted lady
Painted lady
Monarch
(Photo: André Sarrazin)
Monarch
(Photo: André Sarrazin)